Verba volant… Scriba manent

MES RÉFLEXIONS

1/22/20263 min read

Faire parler son stylo ou son clavier, c’est s’extérioriser…

Le journal « intime » dans sa forme littéraire voudrait se nuancer de l’œuvre autobiographique, même si l’identifiant dans le récit de chacune ce « moi » de l’auteur.

Une autobiographie est un fin fil qui dépeint une existence, des périodes de vies conjointes ou croisées et vise dans sa rédaction la publication. Qu’on en tire des leçons ou on se contente d’en regarder les portraits, l’œuvre s’adresse à des lecteurs.

Le journal, est surtout une évasion, une extériorisation, des questionnements et des descriptions de plusieurs états d’âme d’une personne qui ne cherche que parler – à elle-même – d’elle-même.

Mon journal, quand je le tenais au début dans son état primitif, j’y mettais tout !! Commençant par le commencement de mes journées jusqu’aux rêves que je faisais la veille… J’aimais garder entre les plis de mon livret des tickets, des bouts de papier, des dédicaces… chose que le virtuel ne permettrait jamais.

En tant qu’effort mental c’était éprouvant, et j’y consacrais des heures de mes soirées… Jusqu’à comprendre qu’il ne devrait pas s’agir de comptes rendus.

Je me suis trop questionné sur l’utilité de tenir un journal, de dater mes pages, de noter à des heures nocturnes ce qui se passait pendant la journée, ce qui m’angoissait ou ce qui me rendait heureuse… Je ne suis pas négative et mon ciel n’est pas d’un gris éternel. On a rarement tendance à écrire ce qui nous fait pousser des ailes de joie : Quand on est malheureux, on se replie sur soi et réfléchit. Quand on est heureux, on profite du bonheur en le vivant et on passe sans disserter – longuement – sur sa joie.

Taha Hossein disait que « si les souvenirs étaient beaux, je ne les aurais pas notés ! »

Mes questions ne trouvaient pas de réponse…

Est-ce pour laisser des traces de mes jours passés sur cette terre ?

Serait-ce pour laisser l’empreinte de la fille que je suis (que j’étais à l’époque) ??

Et qui voudrait bien connaitre qui elle était ?

Ce qu’elle faisait,

A quoi elle pensait…

Non…

Rien de tout cela…

Si, moi-même, par moments, je n’ai aucune envie de prendre mon stylo et de me confesser.

Certes, jamais je n’étais si transparente avec moi-même qu’en écrivant, mais je ne voudrais pas de mon journal un document récapitulatif de mes journées, ce que je vis quotidiennement n’intéresserait personne.

En apprenant à devenir sélective, je n’ai pas réussi à être aussi réflexive ! Jusqu’à présent, ma plume n’est pas assez mature pour qu’elle puisse transmettre mes pensées, à quoi je crois et mes idées…

C’est vrai qu’à présent, je l’avoue, mon journal est tel un cahier qui ne veut, ou qu’inconsciemment je ne voulais voir, dépasser un petit livret d’une adolescente… les émotions que je décris, le banalise et le dévalorise à mes yeux. Parfois, en relisant les lignes tracées, je n’ai qu’une envie, l’abandonner à jamais ou lui castrer ses pages dépourvues de valeur… Mais à la fois, je découvre que tout n’est pas banalité, que tout n’est pas écrit pour ne pas me taire ; que certaines questions que je pose au monde seront différemment appréciées et certains passages, tellement instantanés étaient chargés d’émotions.

Et vient alors et toujours, un moment de réconciliation qui me fait revenir à lui… Lui, fait pour être confident, seul et unique, pour toujours…

Ce journal, c’est l’empreinte de mes jours et nuits… c’est la joie que je vis ou la souffrance qui me détruit… Pas pour y revenir pleurer mon sort, mais pour tirer de chacune d’elle des leçons, celles que j’accepte pacifiquement ou amèrement.

Il doit surtout être le témoin du chemin que je fais, de mon évolution en tant qu’être humain devant apprendre, échouer et s’améliorer ! Témoin de cette volonté de changer, s’incrémentant chaque jour, et celle de quitter la personne que j’étais la veille pour une autre bien meilleure le lendemain.

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