Une chambre à soi

LITTÉRATURE MONDIALEFÉMINISME

2/13/20182 min read

Tant de génies féminins ont été réduit au silence, voire condamnés à s’ignorer et le monde littéraire a perdu longtemps en création à cause des portes restées fermées devant l’autre sexe, jugé alors comme intellectuellement, moralement et physiquement inférieur. Compte tenu du contexte moral et matériel qui conditionnait les femmes de son époque, elles ne peuvent pas écrire, sinon sous un biais anonyme.

Paru en 1929, cet essai de Virginia Woolf (de son titre original A room of one’s own) est un incontournable de la littérature féministe.

Je ne pourrais affirmer si c’est mon 1er livre du genre, en tout cas ces 171 pages pamphlétaires ont eu le mérite de corroborer et enrichir mes idées en la matière avec une plume ingénieuse, ironique, (très) structurée et convaincante, tout ceci sans louange pour un sexe ni injure pour l’autre.

Icône et prescriptrice et du « combat » en Angleterre et à l’étranger, l’essayiste et romancière Virginia Woolf s’interroge, partant du thème d’une conférence qui lui a été demandée, « les femmes et les romans », sur la présence des femmes dans le monde des lettres si on leur donne l’occasion d’écrire et de publier.

Défiant les conventions de son temps, elle réussit à faire de la création artistique des femmes en particulier, et leur rôle dans la vie économique, politique, universitaire en général, un débat d’envergure.

Fruit d’une déambulation dans le British Museum, L’Oxbridge (Université fictive entre l’Oxford et le Cambridge) et sa propre bibliothèque, l’écrivain, décrète en réponse à la problématique qui la tourmente, qu’une femme doit pouvoir disposer de quelque argent et d'une chambre à soi.

Tant de génies féminins ont été réduit au silence, voire condamnés à s’ignorer et le monde littéraire a perdu longtemps en création à cause des portes restées fermées devant l’autre sexe, jugé alors comme intellectuellement, moralement et physiquement inférieur. Compte tenu du contexte moral et matériel qui conditionnait les femmes de son époque, elles ne peuvent pas écrire, sinon sous un biais anonyme.

Le monde ne leur disait pas ce qu'il disait aux hommes : écrivez si vous le voulez, je m'en moque...Le monde leur disait avec un éclat de rire : Ecrire ? Pourquoi écririez vous ? P. 79

Ces discours du début du XIXème siècle pourraient sembler derrière nos dos actuellement. Mais j’aimerais noter que si la femme, sur un plan pluriel, a retrouvé un peu de ce qui lui revenait de droit en tant qu’égale de l’homme ; sur le plan individuel, il nous reste encore du chemin à faire et combien de mentalités doivent s’ouvrir à l’évolution.

Les femmes dans cent ans auront cessé d’être un sexe protégé. Logiquement, elles participeront à toutes les activités, à tous les emplois qui leur étaient refusés autrefois. Tout peut arriver quand être une femme ne voudra plus dire : exercer une fonction protégée.

Parce que oui, il est encore des hommes, hostiles aux femmes, qui la regardent de travers et souhaiteraient, explicitement et implicitement, la regarder dégringoler dans la pyramide évolutionnaire ou la cantonner aux tâches ménagères.

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