Trois vies par semaine

LITTÉRATURE FRANÇAISETHRILLER PSYCHOLOGIQUEMICHEL BUSSI

11/17/20253 min read

Thriller raconté à plusieurs voix dans le style des romans modernes, et un flash-back dans l’ex Tchécoslovaquie d’avant et d’après le rideau de fer, Michel Bussi, nous plonge dans un univers de marionnettes, dans le sens propre du terme, où la gendarmerie enquête sur un seul meurtre pour un triple crime : « Il avait rendez-vous avec la mort, ce soir-là, mais sous quel visage s’était-elle présentée devant lui ? »…

Pour imaginer une intrigue captivante prenant le lecteur par la gorge dès les premiers chapitres, de rebondissement en rebondissements, dans un tourbillon d’émotions et de surprises, il faut détenir l’art du suspense et être un illusionniste au nom de Michel Bussi, ancien enseignant-chercheur en géographie et l’un des auteurs préférés des Français.

« Eléa imaginait que tout le monde, dans le secret de sa caverne crânienne, discutait avec lui-même, engageait des dialogues intérieurs sans fin, débattait d’opinions introuvables. Les plus grands secrets du monde ne se cachaient ils pas là ? Dans notre tête ! le seul et dernier coffre-fort véritablement inviolable, dans un monde où tout est filmé, espionné, commenté » P. 66

Avec une légère pointe d’humeur nécessaire pour alléger l’ambiance de ce thriller raconté à plusieurs voix dans le style des romans modernes, et un flash-back dans l’ex Tchécoslovaquie d’avant et d’après le rideau de fer, cet écrivain prolifique, nous plonge dans un univers de marionnettes, dans le sens propre du terme, où des figures pendent des plafonds et des automates récitent des réponses, la gendarmerie enquête sur un seul meurtre pour un triple crime : « Il avait rendez-vous avec la mort, ce soir-là, mais sous quel visage s’était-elle présentée devant lui ? »…

« Jamais je n’ai eu le moindre regret d’avoir abandonné ma vie multipliée par trois, pour la diviser en deux avec toi. Tu m’as fait comprendre qu’une vie suffit, qu’une famille suffit » P. 423

… à se demander qui détient réellement et si habilement les fils invisibles ? Renaud, Hans ou Pierre ? ou Serait-ce Le Grand Marionnettiste d’en haut qui orchestre à merveille cette tragédie grecque dont il est difficile d’échapper à son propre destin ?

« Que retient on de nous, une fois nos vies froissées ? Nous, pauvres marionnettes. Nous ne sommes que des êtres de chiffon et de papier. On s’anime un jour, on croit vivre, on croit être libre, on détourne les yeux pour ne pas voir les fils de nylon, le décor de carton, on a si peur que le spectacle s’arrête, que tombe comme un couperet le rideau du castelet, de ne redevenir que ce qu’on a toujours été : un jouet ballotté par des forces invisibles, le temps d’une danse dans la lumière, avant d’être à nouveau rangé dans un tiroir, à plat dans le noir » P. 407

La psychologie s’invite partout dans les pages, donnant une dimension humaine ; aux personnages – surtout ceux atteints de syndrome les rendant différents des autres – et à cette quête de la vérité et de vengeance. Des profils travaillés avec netteté, des panoramas décrits fidèlement, une plume poétique et moralisante avec le génie de mettre au point un tel thriller, pardonnent les quelques détails en plus ralentissant parfois le rythme de l’enquête.

« Pilsen, pendant la guerre froide, en était restée la capitale mondiale. Des artistes ambulants, depuis plusieurs siècles, avaient élevé la manipulation de pantins de bois au rang d’art total et de fierté nationale. Les autorités tchèques l’utilisaient comme outil de diplomatie et de propagande, dans les multiples festivals à travers le monde vantant la paix entre les peuples » P. 342

Découverte d’un auteur de renom et lecture du deuxième cadeau offert, je suis doublement satisfaite !

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