Qui suis-je?

MES RÉFLEXIONS

1/26/20264 min read

A toute question, il existe une réponse, mais celle-ci a plus de sens si on pose la bonne question.

Il existe par ailleurs des questions cosmiques qui prennent bien un point d’interrogation mais s’adressant à l’univers, ne requièrent pas forcément un retour littéral plus que de la réflexion, la méditation ou la remise en cause.

Une question, à la fois inspirante et intrigante, visant à lever l’ancre sur mon identité, m’était un jour posée : Qui es-tu Safaâ ?

… et le silence duquel je l’ai fait suivre est légitime si vous savez le recul auquel je me suis disposée.

Pas ce que je fais. C’est mon travail, ma profession.

Pas ce que j’aime. Ce sont mes hobbies.

Mais qui suis-je réellement ?

Est-ce que je me connais suffisamment ?

J’aimerais bien me connaître, connaître mon moi profond, mes réactions et toutes les impressions qui m’habitent, qui pourront bien ne pas être vraies, mais que je sens fondées.

Pourquoi certains propos me détruisent ? pourquoi je m’attache à une quelconque image ? pourquoi réagir de telle ou telle façon ?

Suis-je meilleure ? Suis-je pire que celle que je voudrais fuir?

Suis-je une enfant dans le corps d’une adulte ? Ou suis-je une adulte traînant une âme d’enfant ?

Je ne sais si des lectures existent pour pouvoir en juger et en tirer des conclusions, des éclaircissements. Ou des séances d’hypnose répondraient seules à ces questions et permettraient d’y vois clair…

J’avance droit vers les premiers trente ans de ma vie et me décrire n’est toujours pas si aisé. Parler de moi, sans que le récit ne soit laudatif ou dénigrant ; savoir d’où je viens et vers où je vais ; avoir comme Janus, sans honte ni regret, un œil au rétro et un autre en face ; pouvoir me réconcilier avec mon passé et croire au futur…

Un seul mot revient, depuis que j’ai commencé cette entreprise : SIMPLICITE.

Je suis quelqu’un de simple et, quand la simplicité – et nullement la banalité – te borde la vie, ta peine et ta joie sont conditionnées par de petites choses. Certaines petites choses te font plaisir et d’autres insignifiantes même te semblent amères…

J’ai appris finalement, après de longues interrogations sur le bonheur, que le mien est instantané.

C’est pourquoi je m’entoure de savons, gels et encens aux nuances vanillées : ça me procure divinement un grand agrément ; voilà pourquoi je lève les yeux aux toitures tuilées et observe « l’envol soudain et collectif des pigeons » ; j’aime déguster du café sa mousse crémeuse et me réchauffer le soir d’infusion chaude ; j’aime porter plusieurs couleurs joviales à la fois ; j’aime me plonger dans un livre accrochant jusqu’à le terminer et choisir des films dont les drames me feront pleurer.

Oui, pleurer ! Parce que là aussi je teste mon humanité. Et quand je ne m’émeus pas, je dois plutôt m’inquiéter…

J’aimerais m’arrêter dans la rue et jouer à l’élastique avec les petites filles (que je ne rencontre plus).

Je voudrais avoir mon labrador et que nous sortirons courir l’après-midi à mon retour…

Je suis amusante à regarder traverser la rue, attendre ce taxi ou tout simplement marcher… j’ai une face de comédienne qui ne voile pas ses grimaces. Je n’ai pas un visage placide de chinois qu’aucune émotion ne transperce ; ceci dit j’aurais aimé être chinoise, pour laisser ma langue s’exprimer – en sagesse – plutôt que mes traits.

Voilà pourquoi parmi mes rêves les plus humbles, en partant de ne pas cesser de voyager jusqu’à arriver à parler plusieurs langues, j’aimerais beaucoup apprendre. Apprendre tout le temps de nouvelles choses qui nourriront chez moi une fine perspicacité.

Parmi ces choses, je note un souhait singulier : le langage des sourds muets. Mais, qui voudrait apprendre une chose pareille ?

Je voudrais collectionner ces petites boules de cristal de partout dans le monde, ou plus précisément des villes que je pourrais visiter du monde.

Je ne me vois jamais vieille, grand-mère ou encore mère. Je me vois partir plutôt jeune, très jeune… mais je voudrais que le monde ; ma famille et mes amis sont le monde pour moi, se rappelle de moi comme ils m’ont agréablement inspirée dans mon voyage.

Et pour ça, il faut un bon cœur et une tête garnie.

Pour ça, je reste spontanément aimante et me cultive avec avidité.

Moi, je mène une petite vie, une vie ambitieusement simple.

J’aimerais avoir mon petit projet touristique et mon petit Cafe-Book

… Voici que je commence à parler de mon travail, alors que c’est hors sujet !

Mais peut-être parce que j’aurais aimé avoir un tel travail pour pouvoir en parler comme tel.

Et mes défauts ?

Pourraient ils être aussi minuscules ?

Mais un défaut demeure un défaut, et une marque, même petite corrompt une belle face.

Pour les miens il peut y avoir un mot : DURETE.

Je reconnais manquer d’indulgence envers ma personne ; être dure avec moi-même.

Dure avec moi-même quand je culpabilise sans cesse et qu’on arrive à me faire culpabiliser.

Je culpabilise encore pour ce jouet que je n’ai pas acheté, il y a 3 ans déjà (à l’heure d’écrire cette confession), à mon petit frère ; je culpabilise de ne pas saluer une personne que je ne reconnais qu’en dépassant ; je culpabilise pour une visite non rendue ou un souhait tardivement formulé ; je culpabilise encore et encore pour un geste ou un propos blessant…

Dure avec moi-même quand j’envie des fois, ne cesse de me comparer, pour à la fin me rejeter.

Dure avec moi-même quand rien ne me satisfait…

Et c’est dur d’accepter sa propre dureté.

Parler de moi est en fait cette médiation avec mon être qui me donne l’aisance à parler de mes défauts, faiblesses et espoirs sans gêne ni honte. C’est pourquoi les mots me sont de vrais alliés ; c’est la raison pour laquelle dans une grande partie de mon temps je rédige des mots, et je vois notre voyage encore si long à faire, pour un partage où je donne au monde le fruit de ma création, mon imagination.

Ecrire un livre est des fois un « devoir ».

Rien n’est plus frustrant que de traîner silencieusement avec soi une histoire et ne pas pouvoir la partager, l’exprimer.

Parler de moi m’aide en partie à prendre possession de mes années. Et remonter le temps pour lire les mémoires est en soi un bon exercice d’évaluation ; mais cet exercice présent d’aujourd’hui est tout nouveau dans mon Académie !

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