Les Jardins de Lumière

AMIN MAALOUFROMAN HISTORIQUE

12/25/20243 min read

En terres de Mésopotamie, lieu de rencontre entre les deux grands empires du siècles, Perse et Romain, un adolescent du nom de Mani, fils d’un prince Parthe ; enlevé à sa famille dès son jeune âge par un maître auquel obéissait une communauté d’hommes où toute tolérance était suspecte et tout plaisir défendu ; entend une voix céleste, répond à son Jumeau, son Autre moi et quitte la palmeraie des Vêtements-Blancs pour délivrer son Message au monde.

Que savons-nous du « manichéisme » ? Sinon, une religion fondée par un perse prénommé Mani, dont le bien et le mal sont les deux principes fondamentaux et dont l’adjectif manichéen est « devenu insulte dans nos bouches ».

Qui mieux que l’auteur de Samarcande, pour nous raconter la vie bafouée, « après des siècles de mensonges et d’oubli » de ce personnage dont l’histoire commence à l’aube de l’ère chrétienne. Fils de Babel, peintre, sage et apôtre d’une foi généreuse, fondateur d’une croyance universelle dont le Dieu n’est pas en quête d’adoration. « Sur les bords du Tigre s’attarde encore une foule de Dieux » et pourtant Le Message de Mani appelle au respect de toutes les autres religions, pousse à trouver la substance lumineuse en chacune d’elle et écarter les épluchures.

« Celui qui suivra ma voix pourra invoquer Ahura-Mazda et Mithra et le Christ et Bouddha. Dans les temples que j’élèverai chacun viendra avec ses prières. Je respecte toutes les croyances et c’est bien cela mon crime aux yeux de tous. Les chrétiens n’écoutent pas le bien que je dis du Nazaréen, ils me reprochent de ne pas dire du mal des juifs et de Zoroastre. Les mages ne m’entendent pas lorsque je fais l’éloge de leur prophète, ils veulent m’entendre maudire le Christ et le Bouddha. Car lorsqu’ils rassemblent le troupeau des fidèles, ce n’est pas autour de l’amour mais de la haine, c’est seulement face aux autres qu’ils se retrouvent solidaires ». P. 148-149

Les Jardins de Lumière est un voyage au cœur de cet Orient, thème de prédilection d’Amin Maalouf. En terres de Mésopotamie, lieu de rencontre entre les deux grands empires du siècles, Perse et Romain, un adolescent du nom de Mani, fils d’un prince Parthe ; enlevé à sa famille dès son jeune âge par un maître auquel obéissait une communauté d’hommes où toute tolérance était suspecte et tout plaisir défendu ; entend une voix céleste, répond à son Jumeau, son Autre-moi et quitte la palmeraie des Vêtements-Blancs pour délivrer son Message au monde.

« En tout être comme en toute chose se côtoient et s’imbriquent Lumière et Ténèbres. Dans une datte que vous croquez, la chair nourrit votre corps, mais le goût suave et le parfum et la couleur nourrissent votre esprit. La Lumière qui est en vous se nourrit de beauté et de connaissance, songez à la nourrir sans arrêt, ne vous contentez par de gaver le corps. Vos sens sont conçus pour recueillir la beauté, pour la toucher, la respirer, la gouter, l’écouter, la contempler. Oui, frères, vos cinq sens sont distillateurs de Lumière ». P. 84

C’est Ctésiphon, dont le nom est effacé à présent et où des siècles après les Arabes viendront bâtir Bagdad, héritière de Babylone et rivale de Rome, qui fut le berceau de la spiritualité de Mani, protégé et ami des grands rois Sassanides, Shabuhr et son fils Hormizd, vers l’empire indo-grec ; une foi qui tente de chasser les Ténèbres en chacun de nous, répandre la Lumière, et enseigne que « seulement par la lumière qui est en lui qu’un homme est grand ». 

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