Les cicatrices
LITTÉRATURE FRANÇAISETHRILLER PSYCHOLOGIQUECLAIRE FAVAN


Comme un puzzle, les pièces du scénario prennent progressivement place et s’emboitent d’une façon violente et déroutante entre le passé et le présent, la réalité et les souvenirs flous d’Owen Maker, un personnage effacé et docile qui peine à se détacher des liens toxiques le liant à son ex-épouse. La tension est montée de plus d’un cran quand on découvre des traces de son ADN sur les corps rendus de nouvelles victimes.
Vouloir participer à un challenge read-a-thon (avec Les Cicatrices et Né sous une belle étoile) même si on n’arrive pas au bout des pages sélectionnés, est motivant quand même !
Mais pas que.
Il faut dire que la plume sombre, accrochante et angoissante de cette écrivaine, connue pour ses romans policiers, y était pour beaucoup.
Sa construction de ce thriller psychologique est d’une complexité extrême qu’il était impossible de lâcher ce roman qui nous tenait à la gorge dès les premières pages. L’efficacité et le fin dosages d’indices, de suspense, de fausses pistes et de rebondissements font de ce récit noir une intrigue à couper le souffle autour de profils psychologiquement variés aux confins de la perversité et des ténèbres humaines. C’est l’étude subtile de l’assouvissement des pulsions et les désirs de vengeance qui trouvent source dans des origines plus sombres. Comme quoi, on ne guérit jamais complètement de ses cicatrices d’enfance.
" Une graine pourrie a été plantée dans le cœur de ce garçon. Dans le terreau de sa haine, elle germe, tant et si bien qu'elle ravage tout ce qu'il aurait pu devenir".
Il s’agit d’une traque déboussolante outre Atlantique d’un sérial killer méthodique, dans l’État de Washington, qui sévit depuis plusieurs années en toute impunité. On assiste à l’enlèvement, la séquestration, la torture morale et physique des captives, la soumission et la domination.
Comme un puzzle, les pièces du scénario prennent progressivement place et s’emboitent d’une façon violente et déroutante entre le passé et le présent, la réalité et les souvenirs flous d’Owen Maker, un personnage effacé et docile qui peine à se détacher des liens toxiques le liant à son ex-épouse. La tension est montée de plus d’un cran quand on découvre des traces de son ADN sur les corps rendus de nouvelles victimes.
Dans son dernier roman, paru en mars 2020, Claire Favan manipule avec des schémas « machiavéliques » le lecteur et parvient à malmenant ses capacités d’échafauder des hypothèses tenant la route. Parce qu’on aime bien se lancer dans des suppositions approximatives, mais la surprise finale est totale !
