Le Marquis des îles d'or

LITTÉRATURE FRANÇAISEROMAN

11/1/20253 min read

Capitaine de navires, otages britanniques en période de paix, comte et sa fille qui reviennent de l’exil, royalistes, bonapartistes, un héritage et un titre en jeu, les sacrifices à faire au nom de l’amour et de l’honneur, et plusieurs combats à mener, la plupart sans fusil ni cadavres. Ça se lit à travers mes mots : je suis séduite !

Une énième lecture d’un roman que je chéris particulièrement. La preuve vingt ans après ma dernière relecture, certains faits et répliques reviennent à ma mémoire avec précision, et le suspense comme l’émotion au fil des pages sont identiques à mes souvenirs. La première fois, les coups de théâtre inattendus et les rebondissements sont sidérants. En relisant, ils sont amusants sans ennui !

« Elle était royaliste. Elle n’a jamais changé, mais elle comprenait ce que l’Empereur pouvait représenter pour un garçon de mon âge. Elle ne se plaignait pas de la divergence de nos fidélités. Elle avait toutes les indulgences et tous les courages, même celui de sourire, le cœur en deuil, pour ne pas attrister mon enfance ». P. 70

Des livres classés « romanes sentimentaux », j’en ai lu et dans cette collection Le Cercle Romanesque « arc en ciel » même (je remercie La Providence et l’exposition du livre à Tanger où je m’approvisionnais durant mes études) mais ça n’égale en rien la beauté de ce livre. Le vrai secret c’est la plume de Caroline Gayet, d’ailleurs autrice d’une autre pépite que je relisais toujours entre deux lectures sérieuses ou au besoin, quand le monde devenait plus lourd à porter, plus cruel à supporter sans dose de romantisme et de chevalerie.

« Dans les récits romanesques comme dans les chroniques des quotidiens, les soldats les plus héroïques et les criminels les plus endurcis se laissaient, à la moindre occasion, gagner par l’attendrissement et les pleurs abondants. Suivant les cas, ils versaient de « bien douces larmes » ou « de pleurs amers » mais tous pleuraient de bon cœur ». P.39

En effet, Le marquis des iles d'or et Les chevaux du diable, se déroulent des années après la Révolution française. A croire que les amours étaient différentes 2 siècles auparavant. Celui-ci fait de la période des Cent jours sa toile de fond, mais on s’en doute déjà, l’histoire est loin d’être politique. Elle se passe sur 2 parties, sur l’ile de Port-Cros et en Aix.

« Que deviennent les marins sans navires, les capitaines sans équipages, les héros sans combats ? Foulque se sentait partir à la dérive, n’éprouvant même pas l’envie de réagir. Une peine secrète, plus corrosive que l’inaction, lui enlevait jusqu’au désir de vivre » P. 100

Capitaine de navires, otages britanniques en période de paix, comte et sa fille qui reviennent de l’exil, royalistes, bonapartistes, un héritage et un titre en jeu, les sacrifices à faire au nom de l’amour et de l’honneur, et plusieurs combats à mener, la plupart sans fusil ni cadavres. Ça se lit à travers mes mots : je suis séduite ! c’est pourquoi, la présente n’est pas une revue littéraire à l’image de ses précédentes, mais la joie d'un cœur dansant.

« Monsieur, ne me félicitez pas. Il est des victoires que l’on paye trop cher pour pouvoir en jouir. On se bat, parfois, pour une cause sacrée et, le combat fini, on s’aperçoit qu’il s’agissait d’une illusion » P. 230

Et c’est pourquoi ces deux romans précisément, seront toujours mes relectures de tous les temps, comme une douce promesse de bonheur : « il fera beau demain ».

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