Le Journal d’Anne Frank
JOURNALLITTÉRATURE DE LA SHOAH


Journal ou autobiographie, c’est écrit accrochant, dans un style des fois humoristique, où beaucoup de choses sont parlantes, m’a secoué et plus d’une fois interpelé jusqu’à arriver à m’étonner de son élocution, des questionnements qu’elle a formulé sur la vie, la nature et l’homme, de sa précoce autonomie et indépendance, sans pour autant contester l’authenticité de ses lettres, comme elles ont fait objet de procès et enquêtes après.
J’avais longtemps entendu parler du Journal d’Anne, ce livre écrit par une jeune fille juive durant la seconde guerre mondiale et je savais de quoi il s’agissait (je croyais savoir) mais je n’ai jamais eu envie de le lire. Moi qui suis plutôt allergique à la déformation de l’information et encline à nier la face, pas tragique mais politiquement et immodérément exagérée du génocide des juifs sous le IIIe Reich, je ne voyais pas ce qu'une pareille lecture m’apporterait.
Mon blocage psychologique dépassé, j’ai cédé au visage de cette enfant sur la couverture qui ne cessait de me sourire parmi tant d’autres livres sur les étagères des librairies et une fois j’y fais mon entrée, je découvre à quel point l’être humain pourrait se montrer bête en se donnant les prétextes les plus ridicules pour ne pas apprendre, ne pas s’instruire, ne pas élargir ses champs de connaissance, bref ne pas tenter de devenir meilleur, alors qu’elle, cette gamine de 13 ans n’a pas cessé dans la clandestinité, sous la peur et l’angoisse d’être découverts, d’apprendre (elle écrit : La paresse peut paraître attrayante, mais le travail apporte la satisfaction) :
langues (entre autres 5 verbes irréguliers français par jour),
algèbre,
histoire,
mythologie,
arbres généalogiques des familles royales,
sténo, etc.
en écrivant de petites histoires, lisant des romans et tenant en même temps son journal (en plusieurs versions quand elle se sent investie dans sa publication).
« Il y a toujours, toujours, quelque chose à donner, ne serait-ce que de la gentillesse ! »
Alors vous comprendrez facilement que cette lecture n’était pas seulement intéressante, mais une vraie leçon de vie : Anne Frank, répétant que le papier a de la patience, a tenu son journal du 12 juin 1942, avant que la famille Frank ne part se cacher dans l’Annexe du bâtiment qui fut le bureau de son père, aidée à leurs risques et périls par des amis, jusqu’au 1er août 1944, date de leur arrestation avec 4 autres juifs, en y confiant ses déceptions d’adolescence à l’époque où l’enfant attend des choses de ses parents, ses haines (vivre dans une communauté où règne hypocrisie et non tolérance, et au bout des semaines oublier avec qui ils sont fâchés et avec qui ils sont réconciliés) et ses amours (les passages les plus ennuyeux mais à son âge...), ses idéaux sur les droit de l’homme et la non-discrimination et bien entendu, circonstances obligent, ses remarques sur la politique.
« Je ne veux pas, comme la plupart des gens, avoir vécu pour rien. Je veux être utile ou agréable aux gens qui vivent autour de moi et qui ne me connaissent pourtant pas, je veux continuer à vivre, même après ma mort ! »
Journal ou autobiographie, c’est écrit accrochant, dans un style des fois humoristique, où beaucoup de choses sont parlantes, m’a secoué et plus d’une fois interpelé jusqu’à arriver à m’étonner de son élocution, des questionnements qu’elle a formulé sur la vie, la nature et l’homme, de sa précoce autonomie et indépendance, sans pour autant contester l’authenticité de ses lettres, comme elles ont fait objet de procès et enquêtes après.
« Malgré tout, je crois que les gens sont fondamentalement bons. »
Mais plutôt je suis de ceux qui croient intimement qu’à huit clos, Anne, fille a plusieurs talents, a eu la chance de mûrir, et dommage qu’elle ait quitté le monde à très jeune âge sans accomplir les grands projets, les optimistes dessins et les belles ambitions pour son avenir de fille et de femme, entre autre celui le plus cher de devenir journaliste et écrivain célèbre, qu’elle nourrissait malgré la conjoncture, alors que d’autres subissant ou pas l’oppression d’un joug, pourraient pencher naturellement pour la résignation.
