Le curseur clignotant

MES RÉFLEXIONS

1/24/20263 min read

Le syndrome du curseur clignotant sur une page vierge, je connais ça !

Quand je persévérais – timidement – devant les billets ou les textes que je voulais plus longs, le blanc constant devant mes yeux me frustrait. Et des fois le phénomène durait longtemps.

... La matière j’en avais.

Ou du moins je pensais en avoir. Parce que si je me suis mise, sérieusement, à la travailler et y mettre un peu de ce bourgeon d’écrivant en moi, je devais pouvoir y arriver. Pourtant, rien ne sortait !

Je ne me rappelle pas avoir visité des blogs ou lu des articles pour m’inspirer ; les idées j’en avais des bouts, à droite et à gauche dans les compartiments chevauchés de mon cerveau, mais dans le bouillonnement des faits autour de moi, le temps me manquait, et petit à petit je me laissais aller -au néant? jamais…-plutôt, au silence. C’est-à-dire, au lieu de me diviser en plusieurs personnes, ce qui est physiquement impossible, même forte ma volonté fut-elle, j’ai renoncé (je me demande si vraiment j’avais le choix !) à celle me définissant le plus !

Le comble est que telle une langue non parlée, à force de ne pas pratiquer l’écriture, les mots s’oublient. Et ça a eu des retombées psychiques. Je suis devenue petit à petit insensible à ce qui aurait dû, dans un contexte différent m’interpeller. Je commençais à porter un regard neutre sur les faits et s’il y avait une émotion qui naissait, elle se résumait uniquement au regret.

Le regret de vouloir réagir, mais attendre d’alimenter encore plus ma thèse ; traduire mes sentiments en mots, mais craindre ne pas les habiller avec élégance sans le moindre grumeau ; attendre l’occasion/la chance d’exorciser toutes ces idées qui habitent ma tête ; ou tout simplement me faire avec l’idée que mes propos ne verront pas le jour et jamais on ne saura que j’avais envie d’en parler !

J’ai « googlé » des mots-clés tels : le vide chez un auteur, le manque d’inspiration, etc. et ça me consolait de savoir que ce n’est pas sans antécédents, que l’on est souvent sujets à cette panne.

Dans l’une de ses chroniques, une bloggeuse invétérée va jusqu’à la définir comme une maladie : La maladie du Sans Avis. En la lisant, je ne me voyais plus comme un cas isolé, mais j’ai compris plus, en lisant les commentaires comment les lecteurs peuvent être plus indulgents que ne l’est le bloggeur lui-même.

Alors où elle est la panne ? Si réellement j’ai des idées à partager…

Que dois-je faire pour que le vide ne gagne plus du terrain ? Maintenant qu’il n’est plus question de regrets…

Après réflexion, et énumération sérieuse des fausses excuses qui m’empêchent de répandre de l’encre sur cette page blanche, je dirais que je suis surtout exposée à un double défi.

Parler sans révéler des bribes de ma vie intime et trahir ainsi mon incognito. Délimiter l’écriture à un jeu de « je » vidé de subjectivité s’avère pénible, et combien difficile de parler sans compromettre sa propre histoire privée, ou l’accès à son jardin secret. Mais si on voudrait faire de l’écriture une routine à respecter, on peut tenir de longs discours sur TOUT. Le monde ne tourne pas forcément (évidemment) autour de moi, et une plume ingénieuse disserterait à propos du ver vert qui va vers le verre vert même !

Ce qui nous ramène au plus grand défi : Le style. Vouloir rédiger quelque chose belle à lire est une illusion !

D’ailleurs, même pour les tournures de style, j’ai développé cette manie devenant vice et obsession de vérifier la syntaxe entre deux guillemets sur Internet. La lâcheté discrète de voir si quelqu’un d’autre l’aie déjà formulé, pour ne pas être la première à le faire !

Alors que ce qu’il faut normalement, c’est écrire quelque chose digne d’être lue. Sans langue de bois, stéréotypes ni redondance. Pas nécessairement une histoire avec une morale, mais une histoire qui pousse à réfléchir.

Less is more, j’ai longtemps entendu ça en suivant mes compétitions de cuisine préférées et pour faire une belle assiette, il suffit de peu d’éléments, mais bien travaillés, et lorsque c’est fait avec amour ça se voit. Ça va de même pour notre envie de soigner perpétuellement la forme, au point de finir par abandonner le fond ; oubliant la plus précieuse des règles de la rédaction : la simplicité !

Après tout, je ne suis pas une condamnée à écrire : l’écriture est censée demeurer ce plaisir qu’on ne devrait pas forcer ; une création qui procure satisfaction et non un acte pour plaire aux autres. Autrement porter en soi le souci de l’image voulue versus celle perçue, toucherait à l’identité de mes textes tels que je sais faire.

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