La chenille et le papillon
MES RÉFLEXIONS


Qu’est ce qui arrive quand on vous demande de ne pas penser à l’éléphant rose ?
Eh bien, c’est exactement ce qui m’est arrivé en voulant rédiger ce billet : Réfléchir à une façon pour ne pas réfléchir.
Je commence à trouver dans les moments de solitude et de recueillement sur mon Moi qui me sont offerts , l’occasion idéale pour me prendre suffisamment la tête jusqu’à en souffrir physiquement. Le débordement des idées me donne de la migraine. Je sens le sang qui bouillonne et le crâne qui bourdonne.
Que les sujets me martèlent l’esprit sans merci ni répit, n’est pas une nouveauté. Mais je sens que cette année je me suis beaucoup cherchée, et depuis que j’ai nourri des réflexions sur la mort, le devoir de donner à ma vie un sens qui lui sert dans la prospérité devient de plus en plus pressant.
Je sens le temps manquer et ma fin imminente et ça a déjà le goût amer de partir loin sans apporter sa touche personnelle au canevas d’un monde meilleur.
Celui qui accomplit, meurt sa mort victorieusement. Ainsi parlait Zarathoustra, Nietzsche
Vouloir accomplir quelque chose de louable, de profitable à autrui me ronge en permanence. Et je suis bien loin de mettre le holà à mon autoflagellation.
Je me réveille chaque jour avec le mauvais goût, qu’une journée de plus s’est écoulée, moi qui ne suis ni une lève tôt ni une veilleuse de nuit pour aspirer au succès. Alors qu’un guerrier ne se repose jamais…
Ainsi dans tout le chaos réel de l’envie, l’idée, la décision et le passage à l’action, c’est la flemme qui en sort couronnée.
J’ai le sentiment d’être dans l’impasse de vouloir exécuter LA bonne action et ne pas y arriver et dont le haut mur demeure imperçable. Je suis coincée en boucle et mettre les mots sur les maux leur donne ce pouvoir libérateur. Une douleur partagée est à moitié apaisée.
Ces interminables quêtes intellectuelles ne sont que la voix étranglée, l’écho infini de l’être emprisonné dans son cocon que je suis.
Je ne voudrais point devancer les autres si à l’égard de moi-même je ne bouge pas d’un pas. Ce qui place l’insecte hautement supérieur à moi en matière de création : La chenille qui sentit la fin du monde approchait, se mua en papillon !
