J’ai testé la patience
MES RÉFLEXIONS


Et pas n’importe laquelle. Plutôt une sorte de patience largement recommandée chez les sociétés musulmanes mais également occidentales, qu’on relie d’ailleurs à la foi et à la rencontre de Dieu, Celui qui s’est engagé avec nous au départ !
Si je marque un entracte au milieu de mes chroniques boulimiques de lecture, c’est pour parler d’un sujet qui m’interpelle directement. Et ce n’est point pour en faire un discours élogieux mais l’entreprendre à ma façon. Un soupçon d’histoire personnelle mélangé à certaines questions et convictions laissant apercevoir un arrière-goût d’enseignements des experts.
Il s’agit donc de la patience en couple. S’il y a bien un terrain fertile pour attirer les ennuis et amorcer les disputes, c’est bien une relation de couple, où rien n’est si simple qu’il y parait.
Du fusionnel aux intérêts individuels
Les spécialistes estiment que les désaccords s’invitent au quotidien lorsque l’on n’est plus la personne importante pour son partenaire, et vice versa. C’est la période post fusion passionnelle (ou passion fusionnelle) lorsque les pensées et les comportements formaient une symbiose entre les deux ; une période où l’on faisait passer les désirs de l’autre en premier, où l’on pensait plus à son confort individuel et où ses « petits » défauts n’agaçaient pas tant que ça !!
Après l’euphorie, on voit l’autre tel qu’il est. François Saint Père (Psychologue et auteur du livre Burn-out amoureux)
Après, les épreuves de la vie, petites ou grandes, font naître des conflits et font remonter à la surface les fragilités de chacun. Si la relation semble s’affaiblir, s’essouffler, il y a lieu d’augmenter les tensions autour d’une vie qui commence à se vider de sens.
En dehors de la fusion première nous cherchons la satisfaction des exigences personnelles et la réalisation immédiate de nos attentes. Et naturellement, plus il y a attentes, plus il y a de frustrations.
Au début, on voulait changer pour l’autre, après nous tentons -à tort- de changer l’autre !
Nous souffrons de ne pas comprendre notre partenaire, ne pas saisir sa façon de faire, ses manières d’agir. Ses différences sont perçues comme des défauts. Or, au fond, nous souffrons de ne pas pouvoir le ramener à notre « mode d’emploi », nous luttons énergiquement pour le modeler à notre image. En revanche, nous refusons nous-mêmes que l’on nous impose comment nous comporter !
Nous avons alors le choix face à un problème. Celui de réagir à chaud, d’adopter le reproche sévère, la critique virulente ; se lancer dans une avalanche de mots blessants l’ego de son partenaire, dans l’intention d’avoir le dernier mot. Ou rester dignes, se munir de patience et choisir consciemment de prendre du recul et gérer ultérieurement, tout en gardant respect, indulgence et bienveillance envers la personne d’en face.
Sur les bancs de l’école…
L’incroyable qualité de la patience est qu’elle nous apprend que nous ne sommes pas en compétition, plutôt partis pour faire un bout de chemin ensemble, en se présentant les problèmes à deux, avec raison et en respectant les différentes façons de penser des gens.
Un jardin ne parvient à maturité qu’au bout de longues années d’entretien et le jardinier qui s’adonne passionnément à la culture des fleurs, est un élève de la bonne école.
En effet, la patience n’est ni se rabaisser ni se résoudre au désespoir, mais plutôt un art qui vient faire contrepoids à l’instantanéité prônée par notre société.
C’est un énorme travail – fructueux – pour se comprendre ; être en meilleure entente avec nous et avec les autres.
Même les meilleurs amis ne sont pas obligés d’avoir les mêmes rêves. Mais aimer l’autre, c’est vouloir le laisser accomplir son propre rêve. Du film Ralph 2.0 ou Ralph casse Internet
D’abord, il faut reconnaître son impatience. Vouloir que tout se fasse au moment où nous le souhaitons est la meilleure forme d’empêcher l’Enfant intérieur de grandir et acquérir confiance en soi. Physiquement, cela se traduit par une crispation des muscles et une agitation de l’esprit. Apprendre la patience, nous permet de nous accepter, nous réconcilier avec soi et être à l’écoute de son corps, ses émotions.
3 + 3=6… mais aussi 5 + 1…
Ensuite, se rapprocher de son partenaire, s’intéresser à lui et le considérer tel qu’il est, au lieu de le juger, est digne de le faire sentir accepté, compris « avec » ses différences. Cela fait grandir le respect et l’amour comme lors des joies premières.
À l’école de la patience, nous apprenons à lâcher prise et à faire des compromis qui ne sont guère coûteux face à l’avantage que l’on tire d’une relation saine, apte à supporter les interférences avec les autres sans stress improductif. Un choix presque conscient d’être mieux et se sentir heureux avec soi et avec l’autre.
