Dans la pénombre

MES RÉFLEXIONS

2/12/20263 min read

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écrit quelque chose de très parlante, à caractère endogène, dans le sens de s’adresser à moi seulement et uniquement, qui ne souffre d’interprétation pour la sonder que le moment, la circonstance où elle est née et les sentiments instantanés qui y sont investis.

J’ai relu récemment quelques-unes de mes chroniques et j’étais frappée par la beauté du texte, la profondeur du sens et la satisfaction de l’effort intellectuel. En prenant de l’âge mes réflexions devaient fuir davantage la banalité, sans rien ôter de leur élégante texture.

Je ne suis pas prétentieuse. La fierté n’est pas incompatible à l’humilité, et c’est dans la reconnaissance des traits qui me définissent le mieux que réside toute l’essence de l’humilité, moi qui m’agrippais longtemps à mes idées fossilisées sur la lutte identitaire et la perméabilité de l’être que je suis ; moi qui livrée à une quête interminable d’une quelconque réalisation qui aura de la valeur à mes yeux, et que rien ne satisfaisait.

La réponse m’est apparue telle une lumière timide et indécise à l’aube, alors que je ne posais à ce moment pas la moindre question : Je devrais arrêter de me chercher et commencer à composer avec le peu de notes que je connais ma propre symphonie, et s’il est quelque chose que je détienne comme seule vraie vérité, comme seul patrimoine dont je voudrais faire un legs c’est l’écrit !

Mes proches savent que du combat que je menais, intérieurement, contre le salariat comme idée générale ne sciant pas à mes ambitions, je suis sortie vaincue. Or ce n’est qu’actuellement que je réalise que la marge d’indépendance qu’il m’offre est la partie compensatoire du travail quasi asservissant tel que je le voyais.

Mon travail c’est mon gagne-pain, il me permet de vivre décemment à l’abri du besoin. Rien de plus. Aucune motivation, aucune appartenance, aucun plaisir. Et tout lâcher d’une main sans avoir un butin à attraper par l’autre n’est pas seulement inadmissible, mais carrément suicidaire. Une fatalité, certes, que je voudrais épargner à mes enfants, mais dont je commence à tirer profit. D’autant plus que les souhaits utopiques de changer son monde, créer la différence autour, cesser d’être un simple individu lambda, étaient plus un fardeau pour ma frêle épaule, un supplice pour mon âme qu’une matière fertile pour mon esprit fervent assoiffé de questions.

Par contre, c’est mon paratravail qui représente mon engagement seul et favorable.

Dans mes acharnements quotidiens, je n’ai qu’une arme, de faible portée mais précise : Les Mots !

Je n’ai en ma possession que ce journal, théâtre de mes jugements et mes contradictions, mémoire de mes sautes d’humeur et mes raisonnements.

Et il ne serait pas improbable de dire que je tiens mon art pour le plus cher qui soit.

Écrire, exprimer en phrases ce qui ne devrait pas exister et qui trouvait facilement naissance sous mes doigts, fait de moi cette poétesse qui dévoile en description, peurs et envies.

Quand j’écris un article, j’ai envie que le monde entier le lise. Les jours sont comptés au rythme de mes billets où j’essaye d’insuffler (un peu de) toute ma passion et mon opinion. Sans nier qu’une fois publiés, je dirige un œil pour la relecture et un autre -malsain- pour les statistiques, une manie qui risque bien de pervertir le plaisir de la création, si j’y accorde plus que le temps de consultation. Car, il faut chercher à partager la perspective de la vie, sans chercher le succès du partage !

Voilà pourquoi je voudrais consacrer suffisamment d’heures pour l’écriture. Le seul effort, récompensé ou pas, qui soit tout aussi apprécié pour la fleur comme pour le fruit.

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