Azteca

LITTÉRATURE MONDIALEROMAN HISTORIQUE

9/20/20223 min read

La magie du conteur est visible dans la voix du narrateur, un personnage inoubliable, intelligent et cultivé, témoin de secrets et de terreurs, côtoyant les nobles, et assistant à de grands évènements historiques, ce qui rend sa narration nostalgique et convaincante.

Au XVIème siècle, les armées des conquistadors, guidées par Hernan Cortès, viennent s’emparer des terres et richesses de l’empire Aztèque, signant ainsi, au nom du roi Charles Quint, la chute d’une puissante civilisation épanouie pendant des siècles. Celui-ci, désireux de mieux connaitre ces peuples précolombiens, demandent aux prêtres de recueillir les témoignages d’indigènes.

C’est donc à travers le récit passionnant, attachant de Mixtil, dit Nuage Sombre, que l’on découvre la richesse colorée et mouvementée, riche de beauté et de violence du Mexique ancien, depuis sa naissance, à son apogée jusqu’à son anéantissement par les armées espagnoles.

"Vous avez dit abomination, Excellence? Je pense que ce qui vous horrifie et vous soulève le cœur, c'est la quantité considérable des hommes mis à mort en une seule fois. Mais, Seigneur, comment pourrait on mesure la mort, qui n'est pas une entité, mais un vide? Comment faire pour multiplier le néant par un nombre arithmétique? Quand un homme meurt, l'univers tout entier disparait, en ce qui le concerne. Toutes les autres créatures humaines cessent d'exister ; les êtres chers, les étrangers ; les fleurs, les nuages, la brise, toutes les sensations et toutes les émotions. Voyez vous, Excellence, le monde et tout ce qui le compose meurt chaque jour, pour quelqu'un". P. 327

Les 1000 pages de ce roman historique, sont en fait la riche autobiographie de ce vieillard, véritable aventurier et érudit, qui nous plonge par un témoignage captivant, dans la légende du Monde Unique, un peuple qui a toujours existé et prospéré dans un remarquable isolement. Les traditions religieuses, les divinités, les gouvernements, le commerce et la guerre, etc. retrouvent vie au fil de son récit, jusqu’à la conquête du pays par les européens et la guerre d’annihilation qui a suivi (la partie que j’ai lu avec beaucoup d’enthousiaste !)

Dans Azteca, célèbre roman historique et best-seller international, Gary Jennings, peint dans les moindres détails –beaucoup plus que ce que le lecteur voudrait supporter, avec des passages tantôt ennuyeux, tantôt crus et brutaux- une fresque historique d’une brillante civilisation disparue.

"Puisque je viens d'évoquer Ix Ykoki, j'en profite pour vous dire qu'à mon avis, ni elle, ni aucun des indigènes de l'endroit, n'ajoutait quoi que ce fût à la beauté de ce pays. Selon les légendes, les Maya avaient connu autrefois une civilisation bien plus riche, bien plus puissante et bien plus prestigieuse que les Mexica ; d'ailleurs, ce qui reste de leurs villes est une preuve incontestable de la véracité de ces récits. Ils ont aussi appris certains arts et techniques directement des incomparables Toltéca, avant que ces Maîtres Artisans ne disparaissent." P. 445

Au-delà de l’aspect fictif de l’histoire, des scènes brutales des sacrifices et de sexe à caractère pornographique, le grand travail de documentation est perceptible à toutes les pages et la magie du conteur est visible dans la voix du narrateur, un personnage inoubliable, intelligent et cultivé, témoin de secrets et de terreurs, côtoyant les nobles, et assistant à de grands évènements historiques, ce qui rend sa narration nostalgique et convaincante. Si vous souhaitez connaitre ce qu’était la civilisation des « Mexica » lisez Azteca : il vous servira tout ce dont vous aurez besoin et encore, probablement, plus !

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